17.07.26 - À Genève, vivre avec un cancer signifie non seulement affronter la maladie, les traitements et leurs effets, mais aussi faire face à un marché du logement extrêmement tendu. Le canton connaît depuis des années une pénurie chronique : en 2025, le taux de vacance n’était que de 0,34 %, selon l’Office cantonal de la statistique (OCSTAT), ce qui est très loin du seuil de 2 % considéré comme un marché équilibré. Cette rareté, combinée à une hausse continue des loyers, fragilise particulièrement les personnes dont la santé ou la situation financière se détériore.
Pourquoi le logement devient-il un problème pendant un cancer ?
1. Une baisse de revenus qui complique le paiement du loyer
La maladie entraîne souvent une réduction du temps de travail, voire un arrêt complet. Pour certains ménages, cela suffit à créer des arriérés de loyer, qui peuvent conduire à une résiliation de bail et donc à une perte du logement.
2. Des loyers qui augmentent plus vite que les revenus
Selon les données de l’OCSTAT, les loyers proposés ont fortement augmenté depuis 2009. Pour une personne en traitement, cette hausse peut devenir insurmontable, surtout si elle doit déménager pour se rapprocher d’un hôpital ou d’un proche aidant.
3. Des pratiques immobilières qui fragilisent les locataires vulnérables
La multiplication des « congés rénovation » — résiliations de bail pour rénover et relouer plus cher — inquiète les associations de défense des locataires. Ces pratiques touchent souvent des personnes à revenus modestes, dont certaines sont âgées ou malades.
Quand la maladie impose un déménagement
Pour certaines personnes atteintes d’un cancer, rester dans leur logement devient difficile :
escaliers impossibles à monter après une opération,
besoin d’un logement plus proche des transports ou des soins,
nécessité d’un espace pour un proche aidant.
Mais dans un marché immobilier extrêmement tendu comme à Genève, trouver un logement adapté relève parfois du parcours du combattant.
Avoir un logement stable, accessible et financièrement supportable lorsqu’on est atteint d’un cancer :
réduit le stress,
facilite les traitements,
améliore la qualité de vie,
protège les proches aidants.
À l’inverse, la peur de perdre son logement ou de ne plus pouvoir payer son loyer peut devenir une source d’angoisse majeure, parfois plus lourde que la maladie elle-même.
Quels soutiens existent à Genève ?
Le dispositif DOMOS
Il aide les ménages en difficulté ponctuelle à payer leurs arriérés de loyer afin d’éviter une résiliation de bail et la perte de leur logement.
L’Asloca Genève
Elle accompagne les locataires face aux congés abusifs et aux hausses injustifiées. Elle demande une application plus stricte de la LDTR, qui protège les logements à loyers abordables.
Les services sociaux et associations
Ils peuvent intervenir pour :
monter un dossier d’aide financière,
chercher un logement adapté,
négocier avec une régie,
soutenir psychologiquement les personnes fragilisées.
La Ligue genevoise contre le cancer apporte conseil et soutien dans les démarches financières et administratives en lien avec des problèmes de logement.
À Genève, la crise du logement touche tout le monde…
Mais elle frappe plus durement les personnes fragilisées par un cancer.
Informer, accompagner et défendre ces personnes est essentiel pour qu’aucune d’elles ne se retrouve à affronter la maladie… sans toit.
Article rédigé par Isabelle Roig,
Conseillère psychosociale à la LGC.

